« Allez parmi toutes les nations »
Je suis originaire du Vanuatu, de l'île de Pentecôte où j'ai grandi. Mes parents, profondément chrétiens nous ont inculqué les vraies valeurs de la vie, le respect, le partage, l'accueil, le sens du sacré. Matin et soir, il nous fallait aller à la chapelle pour participer à la prière communautaire. Le dimanche, à la Messe, et chaque soir, le chapelet en famille. L'obligation s'est petit à petit transformée en besoin vital, elle était devenue relation à Dieu, une amitié.
Un jour, une religieuse demandait aux élèves ce que nous ferions plus tard. J'avais 9 ans. J'ai écrit : « Je serai religieuse pour aller au Ciel. » Tout au long de mon adolescence, ce désir de voir Dieu grandit secrètement dans mon cœur. Quelques années plus tard, j'ai dû quitter mon île pour mes études secondaires. C'est ainsi que j'ai pu rencontrer une religieuse des Filles de Marie. Et mon désir grandissant, j'ai demandé mon admission dans cette communauté.
En 1995, j'ai arrêté mes études pour entrer à leur noviciat en Nouvelle-Calédonie. J'avais 18 ans. Je ne connaissais jusque là que les deux congrégations religieuses de mes îles. J'ai découvert la spiritualité de la petite Thérèse et l'existence de communautés contemplatives. C'est alors que naît dans mon cœur le désir de la vie contemplative. Ne voulant blesser personne, je continue à vivre de mon mieux dans ma communauté, au milieu de mes sœurs. En 1998, je fais ma profession temporaire, mais mon désir se fait toujours plus intense.
En 2001, je deviens aide-soignante. Au contact de la souffrance, je réalise cruellement ma totale impuissance à la soulager, sinon par la prière et le sacrifice. C'est un premier pas qui m'introduit au cœur de ma vocation future. J'en ressens un grand soulagement.
Une photo des sœurs Clarisses parue dans une revue éclaira mon cœur ; j'en ressenti une grande force intérieure et j'allai m'en ouvrir à ma Supérieure Régionale. La venue au Vanuatu, à ce moment, de deux sœurs Clarisses confirma l'action du Seigneur dans ma démarche. Ma famille a respecté ma décision. En 2003, je partais pour Tahiti accompagnée des deux Clarisses. En découvrant la communauté, j'ai tout de suite vu une fraternité joyeuse, accueillante, jeune et fraternelle, vivant dans un beau climat de prière. Les figures de François et de Claire d'Assise m'ont fascinée.
J'avoue que le détachement a été difficile, mais la grâce a été la plus forte ; avec l'appel, le Seigneur donne toujours la grâce et la force de la réponse.
Aujourd'hui, ma vocation à la vie contemplative est source de joie, de liberté intérieure, de profonde relation avec mon doux Sauveur. Ma vie donnée est certainement source de grâce pour l'Eglise, pour le monde.
Cher(e) jeune, tu veux prendre la route du bonheur ? Cherche dans ton cœur la voix du Seigneur. Ne crains pas. Jésus te conduira sur des chemins de liberté et de joie profonde, quel que soit son appel.
Sœur Marie Angéla OSC.
De gauche à droite : Sœurs Marie Angéla, Marie Gabrielle, Marie Thérèse, Martine, Delphine, Pascaline, Pipiena, Marie Claire et Gina à la sortie de la cérémonie de profession de sœur Delphine dans l'ordre de Ste. Claire