PRESSE | Débat sur la légalisation du paka

Publié le par Poerani

legalisation-paka

 

En Polynésie, la légalisation contrôlée du paka (ou pakalolo) fait débat. Des élus UPLD souhaitent l'ouvrir au sein de l'assemblée de la Polynésie pour, peut-être, relancer l'économie et l'emploi. Mais du côté de la justice, on rappelle simplement que le cannabis est strictement interdit.

 

 

En métropole comme en Polynésie française, depuis que l'ancien ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant a proposé de créer une filière nationale du cannabis et de légaliser la marijuana, le sujet passionne et le débat est relancé. Au fenua, Oscar Temaru avait déjà fait le buzz en janvier 2010. Il avait suggéré, lors d'un débat à l'assemblée de  relancer l'emploi avec le pakalolo. Les étrangers qui arrivent ici chez nous, les touristes, vont dans les hôtels, et demandent du cannabis ; et nous savons également qu'il y a des pays en Europe qui ont légalisé la vente de paka. C'est peut-être un moyen de donner du travail à nos jeunes, de pouvoir le vendre, mais aux étrangers  avait-il alors déclaré. Aujourd'hui, le président du Pays campe sur cette position et propose d'ouvrir le débat au sein de l'hémicycle. Hiro Tefaarere avait quant à lui souligné que le trafic de toutes drogues confondues mais essentiellement du pakalolo représentait au minimum 40 milliards de marché noir. Un marché juteux qui pourrait renflouer les caisses du Pays.

 

La justice met le holà. Interrogé, le procureur de la République José Thorel a rappelé que le cannabis est inscrit sur la liste des stupéfiants et le code pénal interdit la détention, le transport, la production, l'usage de tout produit stupéfiant. Donc, il n'y a pas lieu aujourd'hui d'en débattre. C'est la loi pénale qui s'applique. Le cannabis est un produit stupéfiant et donc strictement interdit. Le magistrat a précisé par ailleurs le fait que légaliser l'herbe en Polynésie française, ne désengorgerait pas la prison de Nuutania pour autant. En Polynésie française, je vous rappelle que cela ne va pas désengorger la prison de Nuutania. À la maison d'arrêt, il y a en grande majorité des délinquants sexuels, des violeurs, des abuseurs d'enfants, des voleurs et des assassins. Il y a quelques trafiquants de drogue mais ce sont surtout des trafiquants d'ice et de cocaïne. Donc, ce n'est pas le sujet. Nous allons continuer à lutter contre le cannabis et surtout contre la production. Nous, notre priorité, c'est la recherche des plantations et leur destruction. Ce n'est donc pas opportun de parler de légalisation ou de dépénalisation.

 

Du côté des Églises, il est hors de question de dépénaliser le paka. Taarii Maraea, le président de l'église protestante maohi y est farouchement opposé. Pour ce dernier, c'est un fléau à éradiquer. Les dealers quant à eux, n'y sont pas tout à fait opposés, tant qu'on ne vient pas mettre le nez dans nos affaires. En effet, s'ils souhaitent voire légaliser la marijuana, il est inconcevable pour eux de voir une filière du Pays ou encore de l'État, reprendre la main. C'est notre business, a martelé Benoît. Ils ne nous donnent pas d'aide, alors je ne vois pas pourquoi, en vendant nous-même notre paka, c'est eux qui devraient toucher des sous. C'est notre paka, nos boîtes donc nos sous. Pas question d'aller payer des taxes ou de baisser le prix des boîtes. Voilà qui est clair. Les consommateurs eux, seraient ravis de voir du cannabis à moindre coût. Il faut arrêter l'hypocrisie, a lancé Cyril. De toute façon, le paka cela n'a jamais été pire que l'alcool. Et puis au moins, cela permettrait peut-être de relancer l'économie comme le dit Oscar Temaru et faire de la Polynésie une destination touristique verte. Qui sait. Quoi qu'il en soit, certains élus de la Polynésie souhaitent réellement porter le débat, à l'image de Sabrina Birk : J'ai l'ambition de remuer tout ça. Je travaille actuellement sur le sujet. C'est du ressort national, mais le cannabis est inscrit sur notre liste de produits qui relèvent aussi de la santé publique, qui elle, est de notre ressort. Et je peux vous dire que le paka a des vertus beaucoup plus thérapeutiques que l'alcool. C'est beaucoup moins nocif. Pour des personnes qui souffrent du Sida ou encore d'anorexie, cela peut être un bon remède. Il faut vraiment penser à tout cela. Le rapport de Kouchner, encore une fois, précise bien que le cannabis fait partie des drogues moins nocives que l'alcool. Alors, il faut penser à tout cela. Et puis cela donne de l'emploi à certains jeunes sans qualification. L'élue, compte bien mener son projet de fond, qui viserait à vendre le paka de manière contrôlée. Un projet qui pourrait ensuite être soumis en métropole. 

 

 


P. Christophe Barlier, Vicaire de la Cathédrale
Le cannabis, un argument électoral

Le P. Christophe Barlier, dans son bulletin PK 0, revient sur le cannabis. Avec les élections présidentielles qui s’annoncent, on nous reparle de la dépénalisation du cannabis ! Il faut dire qu’avec 9 millions de consommateurs en France cela fait un bon réservoir électoral. Quant à savoir si cela a des conséquences sur la santé mentale de notre jeunesse, peu importe, l’essentiel est d’avoir le pouvoir ! Les arguments donnés sont extra : “Ma démarche n'est pas la création d'un droit à la consommation. Elle a pour objectif de faire baisser la consommation et ses risques” (Daniel Vaillant). Souhaitons que ces hommes politiques n’aient pas l’idée, un jour, d’appliquer la méthode et les arguments pour ce qui concerne le suicide des jeunes ou la pédophilie ! La démagogie a de beaux jours devant elle ! 

 

 


Source : Les Nouvelles de Tahiti


Publicité

Publié dans Médias

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article