Transitus de St. François - 2011
C'est avec une grande émotion, et une joie toujours partagée, que nous avons eu la grâce de (re)vivre le Transitus de notre père, saint François d'Assise, au Monastère Ste. Claire de Outumaoro.
En effet, chaque année, le troisième soir du mois d'octobre, les membres de la famille franciscaine sont invités à se remémorer le passage de François de cette vie à Dieu. Revisiter le récit de ce passage est vital car il ravive son souvenir et intensifie notre engagement à suivre le Christ, sur le chemin de l'homme pauvre d'Assise.
Pour nos frères et sœurs qui n'ont pu se joindre à nous, et pour vous chers amis internautes, nous vous proposons de méditer sur les textes de la célébration que nous avons vécue hier soir.
TRANSITUS DE ST. FRANCOIS 2011
1. Au palais épiscopal (grand parloir) – 10 mn
Narrateur : François est en résidence surveillée au palais épiscopal. Marqué de stigmates, crucifié désormais avec le Christ tant dans sa chair que dans son âme, il brûle comme lui d'amour pour Dieu, et comme lui avait soif du salut des hommes.
— On dépose les lampions sur l'icône de François (mains et pieds) —
Narrateur : Il est quasiment aveugle et grabataire. Il est clair pour tous, à commencer par lui-même que son corps a atteint ses limites de résistance et que son décès n'est qu'une question de jours. Il se fait souvent chanter le Cantique de Frère Soleil qu'il avait composé pendant sa maladie pour se réconforter au milieu de ses graves douleurs et durant la nuit pour l'édification et le réconfort des séculiers qui veillaient sur lui.
— Temps de silence court —
Narrateur : Frère Elie est quelque peu inquiet d'un tel comportement
Frère Elie : « Les hommes de cette ville, qui te vénèrent comme un saint, pourraient se dire : comment peut-il montrer une telle joie si près de la mort ? Il devrait plutôt y penser. »
Narrateur : François lui dit
François : « Par la grâce de Dieu qui suggère tout ce qu'il y a de bien au cœur et inspire les paroles de ses fidèles, j'ai souvent médité de jour et de nuit sur ma fin... Laisse-moi me réjouir dans le Seigneur et chanter ses louanges au milieu de mes souffrances car je suis si uni à mon Seigneur que je peux bien me réjouir dans le Très-haut lui-même. »
Narrateur : Voyant approcher le dernier jour de sa vie, il demande à être transporté sans retard à Sainte-Marie de la Portioncule, son église-mère, lieu de prédilection qui a vu toutes les grandes étapes de sa recherche évangélique : il y a trouvé son idéal ; il a commencé à le vivre avec ses frères ; il y a un jour admis Claire à suivre le Christ ; c'est là qu'il voulait rendre son âme au Seigneur.
— Procession vers la chapelle – Chant : La Valse des Créatures —
2. A la Portioncule (chapelle) – 20 mn
Narrateur : François vit les ultimes heures de son existence terrestre. Il demande une dernière fois à Léon et Ange de chanter le Cantique de frère soleil, puis lui-même entonne, comme il peut, le Psaume 141
François : « A pleine voix, je crie vers le Seigneur, à pleine voix je supplie le Seigneur ! »
Narrateur : Il fait ensuite lire le passage de l'évangile de Jean qui commence par : « Six jours avant la Pâque, Jésus sachant que l'heure est venue de passer de ce monde à son Père... » (Jn. 13, 1). Après cela, François dit :
François : « Mon heure approche. Déposez-moi nu sur la terre. »
— Temps de silence court —
Narrateur : Il fut dépouillé de sa tunique et couché nu sur la terre nue afin qu'en cette dernière heure, celle où peut-être l'ennemi livrerait le suprême assaut, il puisse lutter nu, contre un adversaire nu.
— Mettre l'icône sur la terre —
Narrateur : Sa main gauche est posée sur la plaie de son côté pour la soustraire aux regards. François dit
François : « J'ai accompli ma tâche, que le Christ vous apprenne à accomplir la vôtre. »
Narrateur : Il était là, couché sur la terre, dépouillé de sa tunique grossière, fixant des yeux le ciel comme il aimait à le faire et aspirant de tout son être à la gloire éternelle. Ses frères, que poignait une intense émotion étaient tout en pleurs. Son frère gardien devina les désirs du saint et courut prendre une tunique, un capuchon, des caleçons et les tendit à François, avec ces mots :
Son frère gardien : « Sache que je te prête ces vêtements ; accepte-les au nom de l'obéissance. Mais pour que tu sois convaincu de n'avoir sur eux aucun droit de propriété, je te défends de les donner à qui que ce soit. »
— Mettre la bure sur le côté —
Narrateur : François fut tout heureux d'avoir été jusqu'au bout fidèle à sa Dame la Pauvreté. Par souci de pauvreté, il avait donc voulu ne rien posséder au moment de la mort qui ne lui eût été prêté par autrui. Il leva les mains et glorifia le Christ pour tant de joie, s'en aller vers lui entièrement libre, débarrassé de tout. Pour être parfaitement conforme au Christ crucifié, pendu en croix, pauvre, souffrant et nu.
Il fit appeler tous les frères alors présents dans la maison et, avec quelques paroles de consolation pour adoucir leur chagrin, il les exhorta de tout son cœur à aimer Dieu. Il ajouta quelques mots sur la patience et la pauvreté, leur recommandant le Saint Evangile avant toute autre constitution. Enfin, sur tous les frères qui l'entouraient, il étendit la main droite et la posa sur la tête de chacun. Il leur dit :
François : « Mon fils, voici que Dieu m'appelle. A tous mes frères, présents ou absents, je pardonne leurs fautes et je les en absous autant qu'il est en mon pouvoir. Tu le leur annonceras et tu les béniras pour moi. Adieu mes fils, restez toujours dans la crainte du Seigneur. La tentation viendra et la tribulation est proche, mais bienheureux ceux qui iront jusqu'au bout de ce qu'ils ont entrepris. Pour moi, je m'en vais vers Dieu, et vous, je vous confie à sa grâce. »
Narrateur : Il passa en action de grâce les moments qui lui restaient à vivre, demandant à ses compagnons les plus chers de louer le Christ avec lui. Il invitait même toutes les créatures à louer, à aimer Dieu, leur chantant le cantique qu'il avait lui-même composé. Il n'est pas jusqu'à la mort, objet de peur pour tous, qu'il n'ait engagée à louer Dieu. Il se portait à sa rencontre et l'invitait chez lui. Tous les desseins de Dieu s'étant réalisés en lui, son âme très sainte se dégagea de la chair pour être absorbée dans l'abîme de la clarté de Dieu, et le bienheureux s'endormit dans le Seigneur.
— On éteint les lampions, on voile l'icône ; Temps de silence —
Narrateur : Le clergé et la population d'Assise viennent chercher la dépouille de François et la conduise en procession à Saint-Damien
— Procession vers la grande salle – Chant : Psaume de la Création —
3. A Saint-Damien (grande salle) – 5 mn
Narrateur : Là, les frères portent le corps stigmatisé de leur fondateur devant la fenêtre de la chapelle donnant sur le chœur, l'offrant ainsi durant une bonne heure à la contemplation des sœurs, comme François l'avait promis à Claire.
Les pauvres dames le regardent tout éplorées. Sœur Claire s'avance et accueille sa dépouille le cœur mêlé de tristesse et de joie. Alors, la voix de François semblait résonner tout d'un coup, leur rappelant :
— La Fraternité chante pour les Clarisses – Chant : Vous, Petites Pauvres —
Narrateur : Ceux qui par inspiration divine l'ont suivi sur ce chemin de l'évangile que lui-même a laissé, assistent eux aussi à ce témoignage d'affection plein de peine et de compassion. Ils se souviennent alors de ce qu'il leur avait écrit :
— Les Clarisses – Chant : Dieu Tout-Puissant —