En Marge de l'Actualité N° 39 - 28 Septembre 2011

Publié le par Mission Catholique

      « Donne-moi un cœur docile pour distinguer entre le bien et le mal »

 

Mgr. Hubert Coppenrath, archevêque émérite

 

Le Pape Benoît XVI vient de prononcer devant le Bundestag (le parlement de l'Allemagne fédérale) un discours d'une haute élévation intellectuelle et morale. Je ne tenterai pas de disserter sur l'ensemble de ce discours. Je voudrais seulement relever le trait par lequel le Pape a introduit sa réflexion. Il a rappelé que, lorsque le jeune roi Salomon a accédé à la royauté, Dieu lui a proposé de lui demander une faveur.  Salomon a donc formulé une prière : « Donne à ton serviteur un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal. »

« Gouverner en distinguant le bien et le mal », voilà bien ce qui devrait être l'ambition de tous les politiciens et de tous ceux qui exercent un pouvoir de gouvernement. En effet quel autre idéal de gouvernement proposer que celui de chercher le bien des population en respectant leurs droits et en les protégeant du mal. À  ce sujet le pape cite Saint Augustin : « Enlève le droit, et alors qu'est-ce qui distingue l'État d'une grosse bande de brigands ? »

La difficulté, c'est de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal. La tentation des politiciens dans nos gouvernements démocratiques, c'est de confondre le bien avec le politiquement correct. Pour avoir une action durable,  il faut se maintenir au pouvoir, et pour se maintenir au pouvoir on cherche à plaire à la majorité et l'on a pas le courage de réaliser ce qui est impopulaire, même lorsque manifestement le bien du peuple exige d'aller contre des réactions de mécontentement ou de s'opposer à des lobbies puissants.

Alors comment distinguer le bien du mal et comment faire admettre aux citoyens le bien que l'on a choisi ? Il faut recourir à la conscience. On s'aperçoit en effet qu'il y a des valeurs qui s'imposent à tous quelque soit les options philosophiques et religieuses et c'est en s'adressant à sa conscience que l'on peut savoir ce qui est bien ou mal. Tous par exemple réprouvent le mensonge, la corruption, la spoliation du pauvre, même si tous n'ont pas toujours le courage d'éviter ces fautes. Tous admettent qu'un état ne peut fonctionner sans un minimum de solidarité. C'est donc finalement en examinant sa conscience qu'un gouvernant peut discerner ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui finalement assurera la réussite de son action.

Certes un dirigeant chrétien peut, comme Salomon demander à Dieu de l'aider à discerner le bien du mal, mais puisqu'il ne peut imposer sa foi à ceux qui ne la partagent pas, c'est finalement à sa conscience qu'il doit se référer pour gouverner.

+ H.C.

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Publié dans Église locale

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