En Marge de l'Actualité N° 40 - 5 Octobre 2011

Publié le par Mission Catholique

« Mataiva »

 

Mgr. Hubert Coppenrath, archevêque émérite

 

Ce petit atoll est situé à la pointe Nord-Ouest des Tuamotu. Les anciens se rappellent que l’île était jadis dotée d’une église catholique. Elle était, paraît-il, construite sur pilotis au-dessus de l’eau, peut-être parce que la Mission n’y possédait pas de terrain. Un tsunami ou une tempête tropicale ont eu raison du petit édifice, qui ne fut pas reconstruit. Cependant le Père Nicolas, et peut-être d’autres missionnaires avant lui, visitait cette île, demeurant dans l’une des rares familles catholiques, où il célébrait la messe.

Une femme courageuse fit construire une petite chapelle en « niau » dans son jardin. Elle ne dura que quelques mois, une forte mer l’emporta elle aussi. Touché par la déception de cette femme, le diocèse décida d’acheter un terrain en vue de la construction d’une église. Restait à trouver les fonds. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus s’en chargea.

En effet, lors du passage des reliques de Sainte Thérèse dans le diocèse, en 2002, une souscription fut lancée pour aider à payer les frais de transport et d’assurance. Les Chrétiens se montrèrent si généreux que non seulement les frais furent couverts, mais un solde positif de plus de 10 millions de francs se dégagea. C’est avec cet argent que fut construite la nouvelle église de Mataiva, dédicacée le 24 juillet 2004, qui, en reconnaissance, fut placée sous le patronage de Sainte Thérèse.

Il ne suffit pas de construire une église. Il faut aussi reconstituer la communauté, que des années de quasi abandon ont bien fragilisée. Le katekita d’Avatoru, Tepuruna Teiva, souvent accompagné de quelques membres de la paroisse d’Avatoru, a fait de fréquents séjours à Mataiva depuis la dédicace pour encourager la petite amuiraa. Petit à petit, les catholiques se rassemblent, retrouvent le chemin de l’église, s’organisent pour la prière et les travaux qui restent à faire.

C’est dans le cadre de ces efforts que le diacre Médéric Bernardino, maintenant affecté au secteur Rangiroa-Mataiva, a organisé une mission à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse, le premier octobre. Une vingtaine de personnes de Papeete ou d’Avatoru ont fait le déplacement. Etant moi-même responsable de ce secteur, je les ai accompagnés et j’ai eu ainsi la joie de voir une communauté en train de renaître. Trois baptêmes, une première communion, une confirmation et un mariage ont été célébrés, annonçant d’autres réceptions de sacrements.

Les trois autres confessions religieuses représentées dans l’île : Eglise Adventiste, Communauté du Christ, Eglise Protestante Maohi, nous ont accueillis avec beaucoup de bienveillance et leurs fidèles nous ont même aidés.

L’Histoire de Mataiva montre la difficulté de maintenir vivantes les petites communautés des Tuamotu avec un nombre insuffisant de prêtres dans le diocèse. Si nous n’y prenons garde, d’autres de ces petites communautés risquent de se fragiliser considérablement et même de disparaître complètement.

Ici encore, nous sommes confrontés avec le défi que constitue dans notre diocèse le recrutement des prêtres dans un contexte difficile. Prions donc avec ferveur pour les vocations sacerdotales, travaillons aussi pour qu’au moins certains jeunes intériorisent leur foi et se démarquent des autres jeunes, ceux qui sont séduits par la vie facile, l’attrait de l’argent et du plaisir.

+ H.C.

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