En Marge de l'Actualité N° 42 - 19 Octobre 2011

Publié le par Mission Catholique

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »

 

Mgr. Hubert Coppenrath, archevêque émérite


Une fois de plus, les Pharisiens tendent un piège à Jésus. Cette fois-ci, ils ont pris soin de se faire accompagner par des Hérodiens, des partisans de la collaboration avec le pouvoir romain. Leur question : Faut-il payer l'impôt à l'État romain, personnifié par l'empereur qui porte le titre de César ? Si Jésus répond : Non, les Hérodiens vont le dénoncer à l'occupant romain. S'il répond : Oui, ils se chargeront de le faire savoir au peuple, ce qui, pensent-ils, rendra Jésus impopulaire. 

Jésus se fait donner une pièce d'un denier et interroge : « De qui est cette effigie et cette inscription ? ». Ceux qui ont consulté Jésus répondent, comme attendu : « de César ». Jésus conclut : « Rendez donc à César ce qui est à César ». Puisque vous acceptez la monnaie romaine et tout ce que Rome vous donne, les routes, les ponts, les aqueducs, la sécurité et la "Pax romana", vous devez aussi verser les impôts qui permettent à l'État de vous assurer ces prestations.

Nous devrions tous méditer cette réponse. En effet, j'entends tout autour de moi des gens qui ne cessent de réclamer à César (en l'occurrence : l'État français et le Pays de Polynésie) toutes sortes de subventions et de prestations, mais dès qu'il s'agit de payer des impôts ou des taxes, ce sont des gémissements, des protestations, l'indignation et même la révolte. Je crois que Jésus nous dirait : « Si vous ne voulez rien donner à César, ne demandez rien à César ! ». On me dira sans doute : « Mais César gaspille souvent l'argent des contribuables,  il n'est pas toujours juste dans la répartition des prestations ».  C'est vrai ! Alors aidons César à faire des économies et à être plus juste.

Jésus profite de la question des Pharisiens pour rebondir sur un autre sujet encore plus important, et qu'il introduit en ajoutant à sa réponse au sujet de l'impôt : « Rendez à Dieu, ce qui est à Dieu ». De Dieu, nous tenons l'être, la vie, la nourriture et tout ce que nous possédons, même si par notre travail et notre industrie, nous avons valorisé les dons de la nature. En contrepartie, nous lui devons, l'adoration, la louange et l'action de grâce. Il prépare même des dons encore plus merveilleux : la vie éternelle et la participation à son bonheur et à sa plénitude. En réponse à de si grands bienfaits, c'est notre propre vie que nous devrions lui consacrer. Mais voilà, il n'a pas d'agents du fisc, ni de police pour faire rentrer ce que nous lui devons, alors il ne reçoit pas beaucoup : on oublie la messe, la prière, on vit sans s'occuper de ses commandements. Certains ont même trouvé une bonne excuse pour se dispenser de tout devoir à son égard : « Il n'y a pas de Dieu ».

Ces ingrats ne sont pas conscients du tort qu'ils se font à eux-mêmes en agissant ainsi. En effet, ils se privent des dons spirituels que Dieu voudrait leur communiquer et leur existence devient vide et sans signification.

 + H.C.

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Publié dans Église locale

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